Paroles d’acteur : Trésor NZILA KENDET, Directeur de l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme

Dans un contexte de dégradation du climat sociopolitique, la République du Congo fait face à une régression en matière des droits humains, marquée par une hausse des assassinats et des disparitions forcées, ainsi que par l’usage de la torture.

Malgré la ratification par la République du Congo de la Convention des Nations unies contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, la torture reste une pratique courante dans le pays. Ainsi, le dialogue entre les organisations de défense des droits humains et les autorités ne cesse de se dégrader.  Le but du projet PACTE , soutenu par l’Union Européenne, est de renforcer ce dialogue et l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) intervient alors comme un acteur de terrain majeur pour l’avancée du projet ; et pour cause, l’OCDH est un acteur de référence en République du Congo.

A titre d’exemple, l’OCDH a dernièrement publié un dossier d’enquête sur le décès d’une jeune fille battue à mort par des forces de l’ordre, pour non-port du masque de protection.

Pour prévenir ce genre de crimes, l’OCDH dispense des formations et des ateliers de réflexion auprès des forces de l’ordre, et poursuit ses activités de plaidoyer auprès des instances nationales et internationales sur l’adoption de réformes législatives. De façon transversale, l’Observatoire accompagne des victimes de violation des droits humains fondamentaux par une assistance juridique, judiciaire, médicale, sociale et ou psychologique en fonction des besoins de la victime.

Torture, détentions et arrestation arbitraires : à travers un interview de Trésor Nzila, découvrez les actions de l’OCDH ainsi que le projet PACTE (Prévenir et Agir Contre la Torture et les détentions arbitraires Ensemble), mis en œuvre par l’OCDH et Agir ensemble pour les droits humains, grâce au soutien de l’Union Européenne.

Qui êtes vous ?

Je suis Trésor NZILA KENDET, Directeur de l’Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH).  ONG de droits humains établie en République du Congo depuis le 4 mars 1994. L’OCDH est une des principales organisations au Congo-Brazzaville en ce qui concerne le suivi indépendant de la situation des droits de l’Homme dans le pays.

Quelles actions menez-vous dans le cadre du projet PACTE ? En quoi sont-elles importantes ?

PACTE est un projet conjoint de l’OCDH et Agir ensemble, soutenu financièrement par la Délégation de l’Union européenne (UE) en République du Congo. Il a débuté le 1er janvier 2020 et se terminera le 31 décembre 2022. Ce projet est mis en œuvre en République du Congo et cible les départements de Brazzaville, Pointe-Noire, Sangha, Lekoumou et Plateaux. PACTE intervient dans un contexte où la pratique de la torture se porte très bien en République du Congo. Et pour cause, la dégradation de la situation politique et des droits humains ainsi que de l’affaiblissement des institutions en charge de protéger les individus contre les abus de pouvoir. Les actions prévues dans le cadre du projet PACTE répondent à un besoin, d’une part de renforcer les performances de la force publique en droits humains, et d’autre part, de protéger et d’assister les victimes de violation des droits humains en l’occurrence les victimes de la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains et dégradants et la détention arbitraire.

Pourquoi faire partie du projet PACTE ? 

Entre janvier 2016 et décembre 2018, L’OCDH et Agir ensemble ont exécuté un projet intitulé MANDAT (Mobiliser et Animer les efforts de la société civile dans la lutte contre la torture et la Détention Arbitraire), qui était également soutenu par l’Union Européenne. PACTE s’inscrit dans la logique de la continuité de MANDAT afin de renforcer les acquis antérieurs. PACTE est pour l’OCDH un projet très ambitieux et le plus important actuellement en termes de coûts et du poids des activités.

Dans quel contexte votre organisation agit-elle ? A quelles problématiques faites-vous face ? Quelles sont vos perspectives d’évolution ?

L’OCDH travaille dans un contexte difficile où les libertés fondamentales sont restreintes. A mesure que le climat politique se dégrade on assiste à une détérioration de la situation des droits humains. Une situation qui demeure préoccupante : exécutions sommaires, justice inéquitable, torture, disparitions forcées, atteintes aux libertés d’expression et de manifestation, chômage, difficile accès aux soins de santé et de qualité, discrimination, etc.

Cette situation concerne aussi bien les droits civils et politiques que les droits économiques et socioculturels. Dans le cadre du projet PACTE nous faisons face à la pratique de la torture, des traitements cruels, inhumains et dégradants et la détention arbitraire des personnes. Pour ce faire, l’OCDH mène plusieurs activités de plaidoyer et tente de mobiliser l’opinion afin de donner un écho à la situation dans le pays et susciter un changement de pratiques.

Pour en savoir plus et consulter le site internet de l’OCDH, cliquez ici !

Propos recueillis par Charlotte BIETTRON
Assistante chargée de projets chez Agir ensemble pour les droits humains

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