NATHALIE ZEMO EFOUA, UNE VIE DE RÉVOLTE(S)

Les voyages ont forgé son ouverture vers le monde et les libertés qu’elle s’évertue à défendre. Membre du forum des Nations Unies dès son adolescence, Nathalie Zemo Efoua se bat depuis plus de 40 ans pour les nombreuses causes qui l’animent. L’égalité femmes-hommes au Gabon en est une.

C’est un ressenti. Une émotion aussi subjective qu’inexplicable. Cette sensation que l’on éprouve parfois dès les premiers instants d’une rencontre avec des personnes dont on comprend très vite qu’elles vont vous marquer. Nathalie Zemo Efoua est de celles-ci. Comme un poing sans cesse levé, sa voix ne tremble pas. Comme un cap auquel elle ne dérogera jamais, son regard, tantôt empreint de douceur ou de détermination, vous fixe. Présidente du Réseau Femme Lève-Toi (ReFLeT) qu’elle a créé en 2015, coordinatrice de la coalition Tournon La Page Gabon (TLP), la native de Libreville milite depuis l’âge de 12 ans. « C’est quelque chose qui brûle en moi. Je n’arrive pas à me taire et à me résigner face aux injustices, que je ne supporte pas ». Alors elle lutte. Corps et âme. Droits humains, promotion de la culture démocratique, autonomisation et engagement des femmes : ReFLeT illustre les combats de celle qui est également à la tête d’un cabinet de gestion de ressources humaines comptant 7 salarié∙e∙s. Née du désir de gabonaises ne souhaitant plus se contenter de commenter ou de subir l’actualité pour faire bouger les lignes, son association se démène aujourd’hui pour impulser des initiatives, créer des moments d’échanges, des formations et des outils afin de faire entendre leur voix dans un pays où elles représentent 53% des personnes majeures… pour seulement 17% au Parlement.

Aider les gabonaises à ne pas se brider elles-mêmes

Si elle constate que le sujet de l’égalité des sexes évolue dans le sillage des initiatives et prises de position de Sylvia Bongo Ondimba (la première dame du Gabon), Nathalie Zemo Efoua s’insurge d’un pays « où les femmes passent encore et toujours après les hommes et ne sont pas prises au sérieux. Le problème s’avère également culturel : ici, celle qui s’installe dans les premiers rangs et non pas au fond de la salle lors d’une réunion choquera les esprits de certains. Et malheureusement… de certaines, qui pointent ce qu’elles apparentent à de la rébellion. C’est de cette autocensure, de cet autodénigrement dont il faut se libérer ! Pour que nos filles s’imposent et prennent leur place sans attendre qu’on leur donne ». Pour faire sauter ces verrous, l’association ReFLeT a intégré le programme Citoyennes Engagées d’Agir ensemble pour les droits humains. Un autre moyen pour Nathalie Zemo Efoua de se révolter contre l’inégalité des sexes et d’affirmer le leadership des femmes. À 53 ans, la militante mène là un énième combat. Sans doute pas le dernier. Et avec un regard toujours furieusement déterminé.

Retour haut de page