Pendant deux mois, Agir ensemble pour les droits humains a eu la chance d’accueillir et d’accompagner Alima Taal, défenseure des droits humains (DDH) engagée contre les discriminations fondées sur le travail et l’ascendance (DWD) en Gambie.
Les DWD sont des situations où des communautés se voient attribuer un statut permanent lié à des professions traditionnelles ou des castes, entrainant une exclusion à vie, une stigmatisation et un accès restreint à leurs droits les plus fondamentaux.
Selon le groupe de travail de l’ONU pour l’inclusion et l’élimination des discriminations fondées sur le travail et l’ascendance, 260 millions d’individus dans le monde seraient victimes de cette violation des droits humains. Loin d’être exclusivement présentes en Afrique, les DWD sont également répandues en Europe, en Asie, au Moyen-Orient et au sein des communautés diasporiques.
Ce qui rend cette forme de discrimination particulièrement néfaste sont ses caractères structurel et héréditaire. Elle se transmet de génération en génération et s’inscrit dans des normes sociales, des traditions et des structures de pouvoir informelles.
Comme cette forme de discrimination est normalisée, elle est souvent invisibilisée et rarement questionnée.
C’est pour cette raison que les DDH remettant en cause cet ordre préétabli sont régulièrement pris pour cible et doivent faire face à une forte résistance à la fois institutionnelle, gouvernementale et populaire.
Ces divers obstacles n’ont pourtant pas découragé Alima Taal, DDH gambienne à militer contre ces discriminations structurelles. Alima a commencé son engagement de DDH au sein de l’association SOS Villages d’Enfants en Gambie avant de poursuivre ses actions au Global Forum of Communities Discriminated on Work and Descent (GFoD). Ses multiples interventions au sein des organisations internationales telles que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) ont notamment abouti à l’adoption d’une résolution exhortant les États africains à reconnaître l’existence des DWD sur le continent.
Éprouvée par l’ensemble des obstacles rencontrés et par les menaces vécues sur le terrain, Alima a été accueillie à Lyon par Agir ensemble pour les droits humains dans le cadre du projet Lyon Ville Refuge offrant une relocalisation temporaire aux défenseur.e.s des droits humains en danger.
Ce programme mené en collaboration étroite avec la Ville de Lyon a permis à Alima de renforcer ses capacités en assistant à des cours spécifiques à l’UCLY, en agrandissant son réseau tout en ayant la possibilité de suivre des cours de français, langue particulièrement stratégique pour ses actions de plaidoyer au sein des organes onusiens.
À la suite de cette période de répit à Lyon, Alima a poursuivi son activisme en s’installant temporairement à New York afin de mener des actions de plaidoyer à l’ONU, instance au cœur des débats internationaux et des processus décisionnels pour une meilleure défense des droits humains à l’international.

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