Agir ensemble pour les droits humains (AEDH) et la Solidarité pour la Promotion des Femmes Autochtones (SPFA) réaffirment, grâce à ce projet, leur engagement pour renforcer la protection et l’impact des femmes leaders Autochtones en province de l’Équateur, en République Démocratique du Congo (RDC).
Protection de l’environnement et des populations Autochtones en République Démocratique du Congo
La République Démocratique du Congo (RDC), souvent décrite comme le « deuxième poumon vert mondial » est confrontée à de multiples enjeux environnementaux, liés, notamment, à un manque de volonté d’appliquer les cadres protecteurs de l’environnement et des communautés qui en dépendent, ainsi que des enjeux importants autour des problématiques foncières, minières et pétrolières.
Les communautés Autochtones Pygmées, qui dépendent fondamentalement de l’environnement forestier, sont les premières victimes des atteintes à l’environnement qui dégradent de façon très concrète leurs conditions de vie, qu’il s’agisse d’expropriations qui entravent l’accès à la forêt pour y recueillir la nourriture dont elles ont besoin (pêche, chasse, miel, ignames, chenilles…), de l’exploitation excessive de la forêt qui engendre le syndrome de la « forêt silencieuse » (désertée par les animaux et dans laquelle la chasse devient difficile), de l’exploitation non réglementée et excessive des ressources halieutiques qui se raréfient, ou encore de la pollution au mercure qui empoisonne l’eau et les sous-sols et entrave ensuite les possibilités agricoles. Dans ce contexte où les communautés Autochtones Pygmées sont particulièrement exposées aux dégâts commis sur l’environnement, elles peinent à faire entendre leur voix, car ces communautés sont extrêmement discriminées.
Une situation spécifique dans la province de l’Équateur
La province de l’Équateur est touchée par un phénomène de prédation des terres des communautés Autochtones Pygmées, avec des menaces et pressions récurrentes à l’encontre des Peuples Autochtones Pygmées et des défenseur·se·s des terres. C’est parmi les provinces dont le nombre de concessions forestières, agricoles et de conservation est le plus élevé en RDC. Les communautés plus affectées de l’Équateur sont celles de la Réserve du Triangle de la Ngiri et de la Plantation des Huileries du Congo PHC et Culture Equatoriale CEQUA. Autour et dans ces concessions et aires protégées, il existe plusieurs conflits liés à l’utilisation des terres entraînant des homicides et exactions graves et récurrentes des leaders communautaires et des défenseur·se·s des terres et des communautés. La tenure foncière des communautés n’est pas souvent reconnue ni sécurisée, et elles sont victimes d’une grande restriction d’accès aux ressources et aux moyens de subsistance.
L’engagement de la SPFA pour renforcer les droits des communautés Autochtones Pygmées et accompagner les femmes leaders Autochtones
Au sein des communautés Autochtones, les femmes sont particulièrement exposées aux dégâts commis sur l’environnement, et vivent dans un contexte accru de pauvreté et de vulnérabilité. Ce sont elles qui, bien souvent, endossent au sein des ménages la majeure partie de la responsabilité des besoins nourriciers et matériels du foyer.
Face à ce constat, Agir ensemble et la SPFA renforcent leur engagement en faveur des femmes leaders Autochtones dans la province de l’Équateur avec le projet Bunto on’oboolo
Lancé depuis le 1er juin 2025, le projet Bunto on’oboolo, qui signifie « Femmes courageuses » en langue autochtone Twa de Bikoro, vise à renforcer la protection et l’impact des femmes leaders Autochtones dans leurs activités de défense des droits humains, environnementaux et communautaires en province de l’Équateur, en RDC. Mis en œuvre par Agir ensemble et la SPFA, avec le soutien de l’Open Society Foundation, le projet vise à :
- OS1 : Agir pour prévenir durablement les menaces auxquelles peuvent être exposées les femmes leaders Autochtones, en renforçant leur protection et leur sécurité
- OS2 : Soutenir les femmes leaders autochtones, et renforcer leurs moyens d’action, pour mener à bien leurs activités de sensibilisation, de plaidoyer, et de monitoring des violations, et ainsi amplifier leur impact
- OS3 : Appuyer les femmes leaders Autochtones pour être mises en réseau, participer aux discussions et actions au sein de leurs communautés, et renforcer leur inclusion sociale, économique et démocratique
- OS4 : Mettre en lumière les actions des femmes leaders Autochtones et mener un plaidoyer en faveur de leur protection et pour un meilleur respect de l’environnement et des droits des communautés Autochtones
Les dix premiers mois de mise en œuvre du projet sont très positifs et ont déjà eu un impact significatif pour les communautés Autochtones et femmes leaders bénéficiaires.

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