
Médicale
Accueillir, évaluer l’urgence et organiser les soins et le suivi médical et psychosocial.
À observer : L’ordre des consultations s’adapte à l’état de la personne.
Consulter la fiche 01 (PDF, nouvel onglet) ↗
Au Gabon, le projet ACT VBG a permis à plusieurs organisations d'expérimenter et de consolider des pratiques de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre. À partir de ces expériences, Agir ensemble pour les droits humains (AEDH) a conduit une capitalisation pour comprendre comment les interventions se complètent, où les parcours se fragilisent et comment transformer cette expérience en ressources utiles à l'action.

ACT VBG signifie « Agir Contre Toutes les formes de Violences Basées sur le Genre ». Au Gabon, le projet associe Agir ensemble pour les droits humains, Initiative Développement et le Réseau Femme Lève-toi.
Mis en œuvre sur trois ans, il vise à contribuer à l’éradication des VBG, au renforcement du système de protection et à un meilleur accès aux services de prise en charge.
La capitalisation prolonge cette action : apprendre des pratiques des organisations pour mieux relier les réponses apportées aux victimes.
Appuyer leurs capacités, leur organisation et leurs dispositifs d’accompagnement.
Soutenir la prévention, le plaidoyer et le dialogue entre les acteurs.rices.
Améliorer l’écoute, l’orientation et l’accès aux expertises adaptées.
Une victime de violences basées sur le genre peut avoir besoin de soins médicaux, d'un soutien psychologique, d'un accompagnement juridique, d'une aide sociale ou d'un appui pour retrouver une autonomie économique. Ces besoins ne surviennent pas nécessairement au même moment, ni dans un ordre prévisible.
Même au sein d'un parcours médical, les étapes peuvent être réorganisées selon l'état de la personne. Une consultation psychologique peut, par exemple, être proposée avant un examen gynécologique si la situation le nécessite. Dans d'autres dispositifs, l'accompagnement commence au contraire par une évaluation globale destinée à identifier plusieurs besoins à la fois, avant d'orienter la victime vers les services compétents.

C'est l'une des réalités à partir desquelles s'est construit le projet ACT VBG. Mis en œuvre pendant trois ans par AEDH, Initiative Développement et le Réseau Femme Lève-toi (ReFLeT), le projet agit à la fois sur le renforcement des organisations de la société civile, l'accès aux services de prise en charge et le dialogue entre les différents acteurs susceptibles d'intervenir auprès des victimes.
À mesure que ces pratiques se développent, une question apparaît : que se passe-t-il lorsque plusieurs besoins doivent être pris en charge, mais qu'aucune organisation ne peut, seule, y répondre entièrement ?
Dès le démarrage du projet, les membres du consortium avaient prévu de consacrer un temps spécifique à l'apprentissage autour des dispositifs de prise en charge. La capitalisation n'a donc pas été pensée comme un bilan ajouté à la fin du projet, mais comme un travail destiné à tirer des enseignements des pratiques développées et à identifier avec les organisations concernées des pistes d'amélioration. Pour conduire cette démarche, AEDH l'a confiée à une collaboratrice qui n'avait pas participé directement à la mise en œuvre du projet au sein de l'organisation.
Le point de départ a été formulé par les contributeurs.rices de la capitalisation sous la forme d'une question très concrète :
Comment les actions des différents acteurs.rices peuvent-elles se compléter pour garantir une prise en charge optimale des victimes de VBG ?
Derrière le mot complémentarité se trouve une question de parcours. Qui intervient ? À quel moment ? Que se passe-t-il lorsqu'une organisation atteint la limite de son expertise ou de ses moyens ? Comment passer le relais sans interrompre l'accompagnement ? Et que faut-il mettre en place pour que plusieurs interventions successives forment réellement un parcours cohérent ?
La capitalisation s'est construite autour de ces questions.
Le travail a d'abord consisté à partir de ce que les organisations faisaient réellement.
ReFLeT, l’Association Justice et Droits pour Tous, le Centre d’étude et d’appui au développement local, IBOGAINE et Cœur de Femmes Gabon ont constitué le périmètre principal de l’analyse. La démarche a d’abord reposé sur des temps collectifs, qui ont permis de retracer les pratiques, de confronter les expériences et de faire émerger leurs points communs comme leurs différences. Ce travail a ensuite été approfondi par cinq entretiens individuels menés dans les locaux des organisations, complétés par des observations de leurs dispositifs dans leur environnement de travail.
D'autres regards ont été mobilisés pour une mise en perspective via 3 autres entretiens, notamment celui du centre étatique de prise en charge et des principaux financeurs de l'écosystème associatif gabonais. L'analyse a également reposé sur une revue documentaire, des outils d'entretien, des supports d'ateliers et des grilles permettant de centraliser puis d'extraire les éléments recueillis.
Le rôle d'AEDH s'est situé précisément à cet endroit : cadrer la démarche, organiser la matière, créer les espaces de confrontation des expériences puis structurer ce qui en ressortait.
La connaissance n'est donc pas descendue vers les OSC. Elle est partie de leurs vécus et de leurs pratiques. La capitalisation a consisté à les rapprocher, à les interroger et à les verbaliser pour s’en saisir et les partager.
Retracer les pratiques, confronter les expériences et identifier les apprentissages.
Cinq entretiens auprès des OSC, complétés par trois autres regards pour mettre l’analyse en perspective.
Revue documentaire, supports d’ateliers et grilles d’analyse pour structurer la matière recueillie.
Périmètre principal : cinq OSC à Libreville. Méthodologie : rapport, pages 4 à 8.
Ces cinq fiches décrivent des pratiques observées. Elles rendent visibles les étapes, les orientations et les moments où un relais devient nécessaire. PEC signifie « prise en charge ».
Chaque aperçu est accompagné d’un résumé. Ouvrez le PDF pour lire le schéma en grand ou le télécharger depuis votre lecteur.

Accueillir, évaluer l’urgence et organiser les soins et le suivi médical et psychosocial.
À observer : L’ordre des consultations s’adapte à l’état de la personne.
Consulter la fiche 01 (PDF, nouvel onglet) ↗
Informer sur les droits, accompagner les démarches et suivre l’exécution des décisions de justice.
À observer : Une décision obtenue ne signifie pas toujours un droit effectivement appliqué.
Consulter la fiche 02 (PDF, nouvel onglet) ↗
Évaluer les besoins, orienter vers les services compétents et accompagner la reconstruction et l’autonomie.
À observer : L’évaluation globale précède la mobilisation de plusieurs réponses.
Consulter la fiche 03 (PDF, nouvel onglet) ↗
Prendre le relais d’une autre organisation pour un accompagnement psychologique et vers une activité génératrice de revenus.
À observer : Le suivi psychologique peut se poursuivre selon les besoins.
Consulter la fiche 04 (PDF, nouvel onglet) ↗
Faire connaître les formations, accompagner leur suivi et soutenir l’installation d’une activité.
À observer : L’accompagnement à l’installation ne comprend pas nécessairement une aide financière.
Consulter la fiche 05 (PDF, nouvel onglet) ↗Pris séparément, chaque dispositif raconte une manière de répondre à un besoin. Placés les uns à côté des autres, ils racontent autre chose : la prise en charge dépend aussi des liens qui existent entre eux.
Un exemple est particulièrement parlant. Dans l'un des dispositifs étudiés, des victimes sont orientées vers une autre OSC lorsque la première organisation ne dispose ni de l'expertise ni des moyens nécessaires pour poursuivre certains volets de l'accompagnement. Le passage de relais fait alors partie du parcours lui-même.
Autre constat : une étape accomplie ne signifie pas nécessairement qu'un besoin est résolu. Dans un parcours juridique, obtenir une décision de justice ne suffit pas toujours à rendre le droit effectif. Les frais liés à certaines procédures, notamment à la signification par huissier, peuvent provoquer une rupture avant même l'exécution de la décision.

Les ruptures peuvent aussi intervenir ailleurs : difficultés liées aux coûts des transports, crainte de représailles, résistances familiales, contraintes économiques, interruption du suivi ou évolution des priorités de la victime au cours de son accompagnement. La continuité d'un parcours ne dépend donc pas seulement de l'existence d'un service. Elle dépend aussi de la possibilité concrète d'y accéder, de poursuivre l'accompagnement et de passer d'une réponse à une autre lorsque la situation évolue.
Cette mise en regard permet de déplacer la question. Il ne s'agit plus seulement de savoir si chaque organisation remplit correctement sa mission. Il faut également comprendre ce qui se passe entre deux interventions.
La capitalisation montre qu'une complémentarité existe déjà à Libreville. Les organisations connaissent, dans leur majorité, leurs domaines d'intervention respectifs et orientent les victimes vers d'autres acteurs lorsque leurs propres expertises ne permettent pas de répondre à un besoin en particulier ou à l’intégralité des besoins de la victime. Le groupe multi-acteurs.rices développé avec le projet ACT VBG a également créé des espaces d'échange, de formation, de sensibilisation et de plaidoyer communs.
Cette complémentarité ne suffit cependant pas, à elle seule, à garantir un parcours continu.
Elle reste dépendante des moyens disponibles, de la mobilisation des réseaux, des capacités de coordination et de la réponse d'autres institutions. Le rapport relève notamment l'absence d'outils communs de référencement, le caractère encore informel de certains partenariats, des difficultés administratives et judiciaires ainsi que des disparités entre les dispositifs. Autrement dit, les relais existent, mais ils ne forment pas encore un système suffisamment structuré pour éviter les ruptures.
C'est l'un des principaux enseignements du travail : la réponse ne consiste pas nécessairement à chercher une organisation capable ou disposant de moyens pour tout faire.
Le rapport souligne au contraire que la diversité des besoins rend cette perspective peu réaliste. Les compétences, les mandats et les ressources sont répartis entre plusieurs structures. L'enjeu devient donc de mieux articuler ces expertises, afin de construire un système plus intégré, capable d'accompagner une victime au fil de besoins qui peuvent évoluer.
OSC, institutions, structures sanitaires et acteurs judiciaires peuvent répondre à des besoins différents, notamment à Libreville.
Les organisations orientent les victimes selon leurs domaines d’intervention et les limites de leur accompagnement.
Le référencement et le suivi sont essentiels pour maintenir une réponse lorsque plusieurs structures interviennent.
Le groupe multi-acteurs.rices facilite les échanges de pratiques, les apprentissages et des actions communes.
Les moyens, les réseaux, la coordination et la réponse des institutions conditionnent l’efficacité des complémentarités.
L’enjeu est d’organiser les expertises au sein d’un système cohérent, adapté aux besoins évolutifs de chaque victime.
Synthèse du rapport de capitalisation, pages 27 à 31.
Fiche 06 · Un modèle issu des contributions
Le modèle de prise en charge davantage intégrée proposé parmi les ressources issues de la capitalisation doit être lu dans ce sens. Il ne constitue pas un dispositif type à reproduire. Le rapport rappelle explicitement qu'il n'existe pas de parcours idéal applicable à toutes les situations. Ce modèle rassemble plutôt les contributions recueillies autour de principes communs : partir des besoins évolutifs de la victime, coordonner plusieurs expertises, limiter les déplacements, prévenir les ruptures et assurer un suivi dans la durée.

Le rapport et les fiches mettent en évidence des obstacles qui se cumulent parfois. Les reconnaître permet de mieux comprendre où renforcer l’accompagnement.
Coûts des transports, contraintes économiques et difficultés de garde des enfants peuvent empêcher de poursuivre un accompagnement.
La peur des représailles et les résistances familiales peuvent interrompre le parcours, même lorsqu’un service est disponible.
Contraintes administratives, attente des audiences et frais d’exécution peuvent retarder l’accès effectif aux droits.
Ressources humaines et financières limitées, outils de référencement communs absents et partenariats parfois informels fragilisent la continuité.
Rapport, pages 22 à 29 ; fiche 02, étape de signification et d’exécution de la décision.
Ces axes reprennent l’ordre du rapport. Ils sont complémentaires et ne constituent pas une hiérarchie de priorité.
L’enjeu. Des relais encore insuffisamment structurés.
L’orientation. Formaliser les partenariats et le référencement, renforcer les échanges, mutualiser les moyens et limiter les déplacements.
L’objectif. Rendre les parcours plus cohérents et réactifs.
L’enjeu. Des parcours qui dépendent aussi de la réponse des institutions.
L’orientation. Renforcer la concertation avec les autorités et les juridictions, les liens avec les instituts de formation, les employeurs et les médiateurs.
L’objectif. Faciliter l’accès effectif aux droits et la réinsertion.
L’enjeu. Des besoins spécialisés et un suivi à maintenir dans le temps.
L’orientation. Soutenir les équipes, leur formation et leurs moyens ; renforcer le suivi-évaluation et l’accompagnement jusqu’à l’exécution des décisions.
L’objectif. Adapter durablement les réponses et prévenir l’épuisement professionnel.
L’enjeu. Des dispositifs et des droits encore insuffisamment connus.
L’orientation. Informer les victimes et les professionnels, poursuivre la sensibilisation et le plaidoyer, développer l’autonomisation économique.
L’objectif. Prévenir les VBG et favoriser l’accès aux réponses disponibles.
L’enjeu. Des connaissances et des ressources à consolider.
L’orientation. Développer des études, déposer des projets en consortium et accroître les financements des dispositifs associatifs.
L’objectif. Mieux adapter les réponses, mutualiser les moyens et pérenniser les services.
Rapport de capitalisation, pages 32 à 38.
Restait une dernière étape : ne pas laisser ces enseignements enfermés dans un rapport.
La démarche avait été conçue dès son cadrage pour produire plusieurs formes de restitution : le rapport de capitalisation, des représentations des différents circuits de prise en charge, un modèle issu des contributions, ainsi qu'une bande dessinée permettant d’illustrer certains enjeux.
Les six fiches de prise en charge prolongent ce travail. Elles permettent de suivre concrètement les étapes des dispositifs étudiés, d'identifier les orientations possibles et de visualiser les endroits où un relais, une coordination ou un suivi deviennent nécessaires. La dernière fiche ne décrit pas une pratique existante : elle formalise une perspective de prise en charge davantage intégrée à partir des contributions recueillies.
Les schémas rendent les parcours lisibles. La bande dessinée permet d'aborder les mêmes enjeux par le récit. Le rapport conserve l'analyse, les nuances, les succès observés, les difficultés rencontrées et les recommandations qui en découlent.
Ces formats n'ont pas la même fonction, mais ils partent tous de la même matière : l'expérience accumulée par les organisations qui accompagnent les victimes.

La démarche, les succès, les défis, les apprentissages sur la complémentarité et les cinq axes de recommandations.
Rapport · Septembre 2026 · PDF · 40 pages · 19,2 Mo
Consulter le rapport complet (PDF, nouvel onglet) ↗Accueillir, évaluer l’urgence et organiser les soins et le suivi médical et psychosocial.
Informer sur les droits, accompagner les démarches et suivre l’exécution des décisions de justice.
Évaluer les besoins, orienter vers les services compétents et accompagner la reconstruction et l’autonomie.
Prendre le relais d’une autre organisation pour un accompagnement psychologique et vers une activité génératrice de revenus.
Faire connaître les formations, accompagner leur suivi et soutenir l’installation d’une activité.
Un modèle issu des contributions pour penser la coordination autour des besoins évolutifs.
Les documents s’ouvrent dans un nouvel onglet. Utilisez la commande de téléchargement de votre lecteur PDF pour les conserver.
Territoire : Gabon.
Durée documentée : trois ans.
Capitalisation : pratiques de cinq OSC à Libreville.
Consortium : Agir ensemble pour les droits humains ; Initiative Développement ; Réseau Femme Lève-toi (ReFLeT).
ACT VBG vise à contribuer à l’éradication des violences basées sur le genre par le renforcement du système de protection, l’amélioration de l’accès aux services de prise en charge et le renforcement des capacités des OSC.
Prévention, sensibilisation, plaidoyer et mobilisation sociale accompagnent le développement des réponses et du dialogue entre les acteurs.rices.
Informations de contexte : rapport de capitalisation, pages 3 à 6.
Une capitalisation ne supprime ni les contraintes financières, ni les difficultés institutionnelles, ni les ruptures qui peuvent jalonner un parcours. Elle permet en revanche de les nommer avec davantage de précision, de comprendre où elles apparaissent et d'identifier ce qui peut être renforcé.
Les recommandations issues du travail vont ainsi de la structuration des mécanismes de référencement et de coordination au développement de partenariats institutionnels, en passant par le renforcement du suivi, des compétences spécialisées et des moyens des structures de prise en charge. Le rapport résume l'enjeu de manière claire : une complémentarité existe déjà, mais elle gagnerait à s'inscrire dans un cadre de coordination plus structuré.
C'est aussi ce qui fait de cette capitalisation un résultat du projet à part entière. Elle conserve la trace de ce qui a été expérimenté, mais surtout elle transforme cette expérience en matière réutilisable : pour questionner les pratiques, mieux comprendre les parcours, faciliter les relais et continuer à faire évoluer les réponses.
L'expérience reste celle des acteurs.rices qui la produisent. La capitalisation lui permet de circuler.