RISK II

FICHE TECHNIQUE

NOM : RISK II
Renforcer les Initiatives pour Secourir les défenseurs des Kivu, phase 2

DATES : 1er août 2018 – 31 juillet 2021 (3 ans)

BUDGET : 449 376 €

DE QUOI S’AGIT-IL : Protéger, défendre et accompagner les défenseur.ses des droits humains, dans l’Est de la RDC, qui sont en danger à cause de leur action militante.

ZONE D’INTERVENTION : République Démocratique du Congo (régions du NordKivu et du Sud-Kivu, à l’Est du pays)

PARTENAIRES LOCAUX : Synergie Ukingo Wetu (SUWE) – Nord Kivu, Goma SOS Information Juridique Multi-Sectorielle (SOS-IJM) – Sud Kivu, Bukavu Arche d’Alliance (ARAL) – Sud Kivu, Uvira

SOUTIENS : Ministère des affaires étrangères des Pays Bas (financement)

OBJECTIFS :
1. Soutenir le dispositif de veille et d’alerte sur les menaces contre les défenseurs des droits humains dans les Kivu.
2. Assister en urgence les défenseurs des droits humains en danger et leur fournir un soutien individualisé et adapté.
3. Renforcer les capacités des organisations locales mobilisées pour la protection des défenseurs des droits humains.

MODES D’INTERVENTION : création d’outils, aides d’urgence

POURQUOI CE PROJET ?

Les défenseur.ses des droits humains (DDH) dans la région des Kivu sont de plus en plus exposé.es à des menaces et des violences en raison de leurs combats.

Leur sécurité est mise à mal par deux phénomènes :
– la crise politique et sociale, qui met en danger les opposants politiques et les acteurs se mobilisant pour le respect de l’Etat de droit ;
– et une violence endémique, engendrée et perpétuée par la présence de groupes armés illégaux, de l’armée, et par les abus des autorités locales.

Les souffrances dont les DDH sont victimes sont multiples : arrestations arbitraires et détentions illégales, harcèlement judiciaire, intimidations et menaces de mort ou d’enlèvement, séquestrations, torture, violences sexuelles voire assassinats.

Or les DDH sont les porte-paroles des populations locales et de leurs revendications
quant au respect de leurs droits. Renforcer leur sécurité est donc primordial.

C’est l’objectif du projet RISK, dont la 1e phase a été menée de 2016 à 2018.

Reconduire ce projet était essentiel pour protéger les DDH dans un contexte sécuritaire encore inquiétant, notamment à cause d’une montée des tensions avant les élections.

LE CONTEXTE EN CHIFFRES

EN RDC DE JANVIER À JUIN 2020 :​

4 113 violations et atteintes aux droits humains *

+ 17% par rapport au semestre précédent (juillet-décembre 2019)
+ 35% par rapport à la même période l’année dernière (janvier-juin 2019)

… dont 2 339 , soit 57% , dans les Kivu (Nord et Sud)

Les auteurs des violations
+ 91% d’atteintes attribuables aux groupes armés
– 3% de violations commises par des agents de l’Etat

* les 5 violations les plus graves et répandues en RDC selon le BCNUDH :
– violences sexuelles et basées sur le genre
– exécutions arbitraires et sommaires
– arrestations arbitraires/illégales et disparitions forcées
– torture et décès en détention
– violation des droits économiques et exploitation illégale des ressources naturelles

LES ENJEUX DE LA PHASE 2

La phase 2 doit conforter les acquis du projet et en assurer la pérennisation.

Pour cela, elle tire les leçons de la 1e phase.

– Elle s’appuie sur la méthodologie d’intervention et les outils définis et utilisés lors de la phase 1 tout en les perfectionnant.
→ protocole de gestion des alertes élaboré en phase 1, amélioré en 2019 pour mieux concilier l’urgence de répondre, la nécessité de vérifier les demandes et le besoin de transparence
→ outils mis en place en phase 1 (fiches d’enquête, de documentation, de suivi, modèle de rapport,…) harmonisés, revus et perfectionnés à la lumière des leçons de la phase 1

– Le savoir-faire acquis permettra de renforcer les capacités des OSC partenaires mais aussi des organisations de défense des droits humains basées dans la province voisine de l’Ituri.

LES PARTENAIRES LOCAUX

Les 3 associations locales partenaires sont des références dans le domaine de la protection et l’assistance aux DDH, dans chacun de leurs territoires d’intervention. Au-delà de leur collaboration avec AEDH, elles travaillent régulièrement avec des ONG internationales telles que le Centre Carter, Avocats Sans Frontières, Frontline Defenders, Human Rights Watch, Protection International, et des organisations internationales (MONUSCO, Union européenne).

Synergie Ukingo Wetu (SUWE) – Nord Kivu, Goma
La SUWE est un mécanisme local de protection dédié aux défenseur.e.s des droits humains dans le Nord Kivu. A son origine ? 8 organisations de défense des droits humains de la région, accompagnées par le Centre Carter.

SOS Information Juridique Multi-Sectorielle (SOS-IJM) – Sud Kivu, Bukavu
SOS-IJM est une ONG qui oeuvre à la promotion et à la défense des droits humains. Elle s’est spécialisé, ces dernières années, dans la réponse aux demandes de protection des DDH et a notamment bénéficié du soutien méthodologique de l’ONG Protection International dans ce domaine.

Arche d’Alliance (ARAL) – Sud Kivu, Uvira
ONG de défense des droits humains, ARAL est point focal du « réseau de protection victimes et témoins » initié par le Bureau Conjoint des Nations Unies pour les Droits de l’Homme.

LES OBJECTIFS ET MISSIONS

3 objectifs :

→ 1 : soutenir le dispositif de veille et d’alerte sur les menaces contre les DDH dans les Kivu : les OSC partenaires instruisent les alertes émanant de DDH menacés et vérifient…
… qu’ils sont bien des DDH
… qu’ils sont en danger
… que ce danger est imminent (urgence de la situation)

→ 2 : assister en urgence les DDH en danger et leur fournir un soutien individualisé et adapté (aides médicales, juridiques, de subsistance,… et suivi de la personne)

→ 3 : renforcer les capacités des organisations locales mobilisées pour la protection des DDH, par le biais de formations et de rencontres entre acteurs locaux

ET JUSQU'ICI ?

83 interventions

209 personnes en danger en ont bénéficié, dont 56 femmes

59 relocalisations
19 assistances juridiques
16 assistances médicales
21 assistances psychologiques
21 assistances diverses (sécurisation du domicile, obtention d’un passeport, aide de subsistance, etc.)

Agir ensemble et ses trois partenaires ont dressé un bilan de la 1e année du projet RISK II en novembre 2019, alors que le délégué général d’Agir ensemble et la chargée de projets concernée par RISK II étaient de visite sur le terrain.

LES ACTUS DU PROJET RISK II

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